Auteur : Carolyn Swicegood
Traduction: Danielle Odulinski
Paru dans The Avicultural Journal
Date:  septembre - octobre 2000

Tout le monde sait à quel point les perroquets sont sensibles aux toxines présentes dans leur environnement. Ces dernières n’affectent que partiellement les humains et les autres animaux, mais elles sont souvent mortelles pour les oiseaux. Le monoxyde de carbone, les émanations des poêles en Teflon n’ont pas d’effet immédiat et apparent sur nous, mais sont fatals pour les perroquets. Leur système immunitaire est constamment mis à l’épreuve par la pollution atmosphérique, l’exposition aux métaux lourds, par l’eau et leur nourriture contaminées par les pesticides : 4 millions de tonnes de pesticides (20,000 produits différents) sont déversés chaque année sur les diverses récoltes, aux États-Unis seulement. Il faut que nous soyons conscients de ce que nous servons à nos oiseaux pour leur éviter d’ingérer des aliments que nous croyons sains et qui, en réalité, nuisent à leur santé.

La plupart des éleveurs tiennent à varier la nourriture de leurs oiseaux auxquels ils offrent une grande variété de fruits et de légumes; il faut savoir que ce sont les aliments les plus susceptibles d’être contaminés par des pesticides de toutes sortes, les plus susceptibles donc de provoquer des cancers, des problèmes neurologiques, des déséquilibres hormonaux et un affaiblissement du système immunitaire. Les risques de santé encourus par les perroquets sont plus grands en raison de leur petite taille et de leur plus grande sensibilité aux toxines en général.

Beaucoup d’éleveurs s’interrogent sur les raisons d’infertilité de leurs oiseaux, les oisillons morts dans l’œuf et même sur le picage. C’est ce qui m’a incitée à vérifier si les l’ingestion, à petites doses quotidiennes de pesticides ne serait pas responsable de tous ces problèmes. On sait à quel point les pesticides tels de DDT ont été destructeurs pour les oiseaux sauvages, dont l’aigle à tête blanche menacé d’extinction et qui pondait des œufs à la coquille trop molle. Les pesticides ont augmenté de taux de mortalité chez de nombreux animaux sauvages, ont bloqué le processus de maturation des jeunes, provoquant l’infertilité chez d’autres. Il semble bien que les pesticides ont le même effet sur nos oiseaux élevés en captivité; il n’est donc pas surprenant de constater, dans nos élevages, les problèmes mentionnés ci-haut.

Parmi les fruits et les légumes suivants, il est probable que beaucoup font partie du régime alimentaire de votre perroquet :

  • fraises
  • poivrons verts et rouges
  • épinards 
  • cerises des É-U 
  • pêches 
  • melons du Mexique 
  • céleri
  • pommes
  • abricots
  • haricots verts
  • raisin du Chili
  • concombres

Sachez que, selon l’étude d’un groupe à but non lucratif, ils sont les plus toxiques de tous les produits qui poussent de façon conventionnelle. Le rapport de cette étude repose sur les chiffres de la US Food and Drug Administration qui admet que plus de la moitié des problèmes de santé relevés chez les consommateurs, sont reliés au contenu en pesticides de ces 12 fruits et légumes. Sur les 42 fruits et légumes testés, les fraises sont de loin les plus toxiques, totalisant 189 point de toxicité sur 200; les épinards et les poivrons comptent 155 points; les cerises É-U 154 et les pêches 150. Les moins contaminés sont les concombres avec un score de 117 qui n’est quand même pas négligeable.

La FDA a détecté 30 différents pesticides et fongicides sur les fraises et 36 sur les pommes. La plupart sont non seulement cancérigènes, mais ils perturbent gravement tout l’équilibre endocrinien chez l’homme. Il est donc évident que les fraises doivent être éliminées du régime alimentaire des perroquets; on peut les remplacer avantageusement par des framboises, des bleuets, des oranges, des pamplemousses, du melon d’eau et des kiwis.

Les poivrons sont parmi les plus contaminés de tous les légumes analysés. Bien qu’ils soient riches en vitamine C (les verts) et vitamine A (les rouges), on doit les remplacer par des légumes moins toxiques, tels le brocoli, la laitue romaine, les pois verts, les asperges, les choux de Bruxelles et les carottes.

Les épinards contiennent du DDT et d’autres produits chimiques très toxiques; ils ont aussi la propriété d’empêcher l’assimilation du calcium; il faut donc leur substituer les mêmes légumes que ceux mentionnés au paragraphe précédent.

Les cerises des États-Unis sont trois fois plus contaminées aux pesticides que celles importées qui sont parmi les plus propres de tous les fruits et légumes analysés. De toute façon, leur faible apport en vitamine C n’en fait pas un aliment très riche, même si elles ont la propriété de soulager la goutte. Parce qu’elles diminuent les chances de cancer, il est quand même intéressant d’en servir à condition de s’assurer qu’elles ne proviennent pas des É-U. On peur remplacer les cerises par d’autres fruits tels les oranges, les kiwis, les bleuets et les framboises.

Les melons du Mexique ne doivent pas figurer au menu entre les mois de janvier et avril; ils sont alors beaucoup plus toxiques et il est préférable de les remplacer par des papayes, des nectarines ou du pastèque. Les raisins du Chili sont recouverts de fongicides cancérigènes; entre janvier et avril, il faut les remplacer par des raisins d’une autre provenance, le Chili utilisant des produits moins sophistiqués pour protéger ses récoltes.

Le céleri et les concombres sont aussi très toxiques et comme ils sont relativement peu nutritifs, il est inutile de prendre des risques; il faut les remplacer par des carottes, de la romaine, du brocoli et des radis. Il en va de même pour les haricots verts qui seront avantageusement remplacés par des pois verts, des choux de Bruxelles, des asperges et des pommes de terre.

A présent que nous connaissons les fruits et légumes dangereux pour nos perroquets (pour nous aussi d’ailleurs), voici ceux qui sont recommandés parce que riches en vitamines, en minéraux et en carotène : la patate douce, le brocoli, la pastèque et les choux de Bruxelles.

Pour terminer sa recherche sur la toxicité des fruits et légumes sur une note plus positive, le même groupe de recherche a ajouté la liste des aliments les plus propres à la consommation. Étonnamment, l’avocat qui est toxique pour les perroquets ne contient que très peu de pesticides, de même que les oignons et les échalotes qu’on sert rarement aux perroquets. Sur les 9 fruits et légumes suivants, le maïs compte 19 points de toxicité sur 200 et le brocoli 49.

  • maïs 
  • patate sucrée 
  • chou-fleur 
  • choux de Bruxelles 
  • raisins (É-U)
  • bananes
  • prunes
  • pastèque (melon d’eau)
  • brocoli

Quelle chance que le maïs soit si peu toxique, lui qui compte parmi l’aliment favori d’un grand nombre d’oiseaux! La patate sucrée est particulièrement nutritive; on l’appelle même l’aliment parfait et complet et, elle aussi, est appréciée par la plupart de nos perroquets. On peut dire la même chose du brocoli qui sera servi légèrement cuit (à la vapeur) aux oiseaux plus difficiles. Pour le reste, il faut toujours s’assurer de la provenance des aliments que nous servons, en évitant certains pays dont les produits présentent un taux de toxicité est dangereusement élevé : pas de poires de Corée, de bleuets et de pois verts du Guatemala, de pois de Chine, de kiwis du Mexique ni d’échalotes ou de tomates des É-U.

Les fermiers sont aux prises avec 80 000 maladies végétales, 30 000 espèces de mauvaises herbes, plus de 10 000 espèces d’insectes; il est peu probable que l’utilisation des pesticides, insecticides, fongicides et autres produits chimiques diminue dans les prochaines années. Chaque année, entre 100 et 150 millions de livres de ces produits non utilisés aux É-U sont exportés vers d’autres pays qui les épandent sur leurs cultures dont les récoltes sont ensuite importées aux É-U et vendues dans les magasins d’alimentation. Il est donc fortement recommandé de n’acheter que des fruits et légumes biologiques.

Certaines précautions peuvent être prises pour réduire les dangers :

  • bien laver les fruits et les légumes dans de l’eau courante;
  • éplucher, peler ou jeter la peau ou les feuilles extérieures;
  • les carottes et les pommes de terre offertes avec la peau doivent être frottées et brossées vigoureusement;
  • éliminer les douze produits mentionnés dans l’article en les remplaçant par les substituts proposés;
  • se procurer des fruits et légumes biologiques chaque fois que possible.

La germination est un moyen peu coûteux d’offrir une alimentation saine et riche à nos oiseaux. Les graines germées sont une nourriture vivante, riche en enzymes et très saine que les perroquets peuvent consommer sans risque de s’intoxiquer aux pesticides.

En nous tenant informés, nous pourrons assurer à nos oiseaux une meilleure santé et la longévité à laquelle ils ont droit